Écriture et confinement

Comment survivre au confinement, ou du moins comment le mettre à profit ? C’est le moment de (re)-venir à l’écriture ! Aujourd’hui, je vous livre un peu en vrac mes réflexions sur le lien entre confinement et écriture, et je vous présente mes deux “projets de confinement”.

Covid-19 : quelles conséquences sur notre vie ?

Depuis mardi, le confinement pour lutter contre le Coronavirus Covid-19 est de rigueur.

Ce confinement a des répercussions importantes sur notre quotidien, mais aussi sur notre situation économique générale. Nous n’en sommes qu’au jour 5, mais déjà mille questions se posent.

Par exemple, je suis auto-entrepreneuse depuis quelques mois. Si je ne travaille pas, je ne suis pas payée, c’est logique.

J’ai la chance de pouvoir exercer une partie de mon activité à distance, ce qui n’est pas le cas de tous les indépendants. En revanche mes prestations font partie des services dont les gens se passent très vite en situation de crise : je n’exerce pas un métier de première nécessité.

Les demandes pour des services d’écrivain public restent peu nombreuses et aléatoires. Et la formation pour adultes, qui constituait l’essentiel de mes revenus ces derniers mois, est actuellement en suspens.

Si la situation perdure, comme un grand nombre d’indépendants, d’artistes, d’artisans, je risque de me trouver confrontée à de réelles difficultés financières. Nous sommes très nombreux à craindre les conséquences économiques du coronavirus avec une forte réduction voire la perte totale de nos revenus.

Et pourtant, je suis bien consciente que dans l’immédiat, ma situation, notre situation, n’est pas la pire.

Relativiser (autant que possible)

Face à une crise comme celle que le monde traverse, il est urgent de relativiser, et de ne pas nous plaindre inutilement. Oui, j’éprouve comme beaucoup des inquiétudes par rapport à l’avenir, mais à l’instant présent, je ne suis pas à plaindre, en comparaison avec tant d’autres.

Je pense bien sûr à tous ceux qui sont contraints de s’exposer au virus pour la survie des autres.

Je pense aux malades et à leurs proches, aux souffrances et à l’angoisse qu’ils subissent.

Je pense aussi aux victimes collatérales du confinement : les familles ou les couples qui ne se supportent plus et doivent pourtant vivre au quotidien l’enfer de Sartre. Les violences verbales et physiques qui peuvent en découler.

Je pense enfin aux personnes isolées, qui se retrouvent face à elles-mêmes durant de longues heures et vivent une tragédie silencieuse.

J’ai la chance d’être en bonne santé, d’avoir un mari et deux filles avec qui j’ai encore plaisir à partager mon temps. J’ai la chance de vivre dans une maison avec un jardin. J’ai la chance d’avoir des animaux qui nous gardent connectés avec la nature.

J’ose espérer que nous sommes nombreux à vivre une situation similaire. Réjouissons-nous de tout ce que nous avons dans l’immédiat.

L’avenir est incertain, mais il n’est pas encore là, il reste à venir, c’est le principe. Et si on en profitait pour essayer de le préparer au mieux ?

Transformer le confinement en opportunité

Comme je suis d’un naturel optimiste et que j’ai tendance à croire à une entité supérieure, je me dis que tout cela doit avoir un sens, un but : cette période de repli sur nous-mêmes va nous permettre de nous recentrer, de retrouver les priorités enfouies, de réfléchir à de nouvelles solutions.

Nous devons l’appréhender comme une opportunité. Il suffit de regarder les posts sur les réseaux sociaux : plein de gens se remettent à des activités créatives qu’ils apprécient, le dessin, le tricot, le jardinage, la cuisine…

D’autres inventent des jeux avec leurs enfants, organisent des concerts de balcon, redécouvrent leur famille et leur voisinage.

Partout, les belles initiatives fleurissent.

Se donner des objectifs

Bien sûr, de mon côté je prévois de consacrer le plus de temps possible à l’écriture : mon premier projet de confinement est de terminer le deuxième jet d’un roman que je traîne depuis trop longtemps.

Je ne peux que vous encourager à écrire, vous aussi. Ce n’est pas pour rien que j’aime l’écriture, c’est une thérapie individuelle d’une efficacité redoutable. L’écriture nous permet à la fois de nous évader et d’analyser, elle peut être ludique ou sérieuse, elle s’adapte à nos humeurs et à nos besoins.

Alors, lancez-vous !

Cette nouvelle qui vous trotte dans la tête, les poèmes que vous écriviez au lycée, le roman dont vous rêvez depuis des années, votre autobiographie, ou tout simplement les lettres que vous n’avez jamais pris le temps d’écrire à vos proches… C’est le moment, maintenant !

L’écriture est avant tout une activité solitaire. C’est un atout en ce moment, puisque vous pouvez la pratiquer même si vous êtes seul à la maison, et si au contraire vous souffrez de la promiscuité avec votre famille, cela vous donnera une excuse pour vous isoler.

C’est aussi un inconvénient, car les écrivains sont en manque de contact et d’échange déjà en temps normal, et sans doute encore davantage en cette période d’isolation forcée.

Partager autour de l’écriture

Mon roman en cours me donne beaucoup de fil à retordre : j’adore échanger des idées, des questions avec d’autres. Mais souvent je ne sais pas trop vers qui me tourner, en me disant que mes histoires (surtout à ce stade chaotique) n’intéressent pas forcément les autres gens.

En même temps, comme je suis une personne à priori assez banale, je me doute que je ne suis pas la seule.

Alors voilà la question : comment tisser des liens avec d’autres écrivains, ce que les anglophones appellent des “writing buddies” (littéralement “potes d’écriture”) ?

Je lis régulièrement des blogs d’écrivains, la plupart anglophones, qui essaient de rassembler des communautés en ligne. C’est intéressant, mais je n’ai jamais réellement trouvé ma place dans ces groupes.

Je ne suis pas non plus adepte des grandes plateformes d’écriture : je ne souhaite pas soumettre ce que j’écris à l’ensemble des utilisateurs tant que je ne considère pas mon travail lisible. Et le public y est trop large à mon avis pour favoriser de réels échanges.

Depuis quelques mois je participe à un atelier d’écriture local en tant qu’élève. La rencontre physique avec un nombre restreint de personnes est vraiment l’idéal, et j’adore cet atelier, même s’il ne répond pas à l’intégralité de mes « besoins » d’écrivain.

Mais bien sûr depuis cette semaine nous sommes privées de rencontres. Notre super animatrice teste des idées par mail ou en ligne pour garder le lien. C’est un peu compliqué à mettre en place, mais l’idée est intéressante.

Inventer de nouvelles solutions

Les rencontres locales ont donc elles aussi leurs limites. Il ne nous reste à l’heure actuelle que des solutions en ligne.

C’est une piste qu’il me faut explorer pour développer mon activité, puisque bien sûr exercer mon métier reste un de mes objectifs premiers.

C’est pourquoi je commence à réfléchir à des systèmes utilisables en ligne, je ne sais pas encore sous quelle forme. Groupe d’écriture, ateliers, activités d’écriture à l’unité, cours, sessions de discussion par Skype… Je commence à tenter de définir le type d’offre que je souhaiterais trouver.

L’autre question cruciale est celle du financement : comment concilier des services que dans l’idéal je souhaiterais gratuits ou du moins très abordables, avec la nécessité de gagner ma croûte quand même ?

Vous le voyez, c’est encore très flou, mais voilà, c’est mon deuxième projet de confinement.

Pour finir…

Si vous avez des suggestions, mettez-les en commentaire : dites-moi ce qui vous aiderait, ce que vous aimeriez trouver en ligne… ou en physique d’ailleurs, puisque j’ose espérer qu’un jour nous sortirons du confinement, et que nous pourrons à nouveau rencontrer les gens en vrai !

Vous pouvez retrouver l’ensemble de mes prestations existantes pour les particuliers, les professionnels et les collectivités en cliquant sur les liens. Je reste à votre disposition pour toute question ou suggestion sur le formulaire de contact ici.

Dans l’immédiat, écrivez, lisez, rêvez autant que vous le pouvez, et surtout prenez soin de vous et de vos proches.

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