7 astuces pour mieux se relire

Vous souhaitez publier un roman, un essai, des articles, ou vous devez présenter une thèse, un mémoire professionnel… Vous savez que la relecture est une phase essentielle du processus. Peut-être avez-vous essayé de vous relire et vous êtes-vous trouvé découragé face à l’ampleur de la tâche, désemparé parce que vous ne saviez pas par où commencer.

Pas de panique ! Et tout d’abord, un point essentiel : ne pas réussir à vous relire ne remet en cause ni votre talent ni votre savoir.

Pendant mes vingt ans d’enseignement, j’ai répété à mes élèves « relisez-vous » à chaque contrôle. En général, mon conseil ne servait à rien, et je pestais contre ce que je prenais pour de la mauvaise volonté ou de la paresse. Puis j’ai fini par découvrir que bien souvent, la raison était tout autre. Mes élèves ne se relisaient pas, ou pas efficacement, tout simplement parce qu’ils ne savaient pas comment s’y prendre. La plupart du temps, personne ne leur avait enseigné de méthode concrète. Les professeurs (moi la première !) se contentent bien souvent de dire « relisez-vous », parce que ça leur semble évident.

Mais se relire, c’est vague. En réalité, savoir se relire de façon efficace n’est pas si simple qu’il y paraît et surtout, ça n’est pas inné.

Pourquoi se relire, mais surtout comment ?

Vous savez sans doute pourquoi vous devez vous relire : vous voulez vérifier la clarté de votre propos, améliorer votre style et bien sûr corriger les erreurs qui se seraient glissées dans votre production.

Le problème n’est généralement pas le pourquoi, mais plutôt le comment. Car si vous vous contentez de repasser les yeux sur la feuille ou l’écran, même si vous êtes un as en orthographe, vous risquez fort de rater des erreurs. Si en outre vous n’êtes pas tout à fait sûr de vous, vous ne verrez probablement rien. Et ce n’est pas qu’une question de volonté ou de concentration.

Heureusement, il existe des techniques et des astuces pour apprendre à se relire plus efficacement. Voici mes préférées, que je vous invite à tester.

1— Prendre du recul

Vous avez fini de rédiger le premier jet de votre texte. Bravo ! Vous y avez sans doute consacré beaucoup de temps et d’énergie. Votre cerveau le connaît par cœur, au point que vous ne lisez plus ce qui se trouve sous vos yeux, mais ce que votre esprit sait déjà. Dans cette situation, vous relire tout de suite devient inutile. La seule solution est de laisser reposer votre manuscrit pour le reprendre avec un œil neuf.

Plus le manuscrit est long, plus vous avez passé de temps à le rédiger, et plus il vous faudra le laisser reposer. Par exemple, si je travaille sur un article ou une nouvelle de quelques pages, il suffit d’une journée pour me rafraîchir l’esprit. En revanche, lorsque je travaille le manuscrit d’un roman, je préfère laisser passer un, voire plusieurs mois, avant d’y revenir.

Évidemment, lorsque vous êtes en situation de travail en temps limité, c’est un peu différent. Quand j’étais étudiante, je sortais systématiquement de la salle d’examen pour prendre un café et une cigarette avant de relire ma copie. L’essentiel est de se concentrer sur autre chose pour oublier le manuscrit autant que possible.

2— Utiliser les outils

Tous les logiciels de traitement de texte, qu’ils soient gratuits comme Libre Office et Open Office, ou payants comme Microsoft Word, contiennent un correcteur. Ces correcteurs ne sont pas infaillibles, loin de là, mais si vous apprenez à les utiliser, ce sont des outils très utiles. Pensez à commencer par les paramétrer selon votre langue et votre région. Word par exemple recense 18 types d’anglais et 15 types de français différents.

Souvent, le correcteur vous explique le problème relevé, et vous suggère une autre forme. Il est toutefois nécessaire de vérifier par vous-même. En effet, les correcteurs de traitement de texte sont généralement pertinents pour tout ce qui concerne l’orthographe et la grammaire de base, mais beaucoup moins efficaces sur la syntaxe.

Pour aller plus loin, il existe des logiciels spécifiques de correction. Ils ne sont pas non plus infaillibles, mais ils relèvent davantage de détails et vous feront gagner du temps.

Le correcteur en ligne Scribens offre des performances très honorables, avec le gros avantage d’être gratuit. Il vous faudra copier-coller votre texte directement sur le site, et le correcteur vous indique ses suggestions.

Si vous devez écrire à titre professionnel de manière régulière, alors le logiciel payant Antidote peut se révéler un bon investissement. Le logiciel s’intègre à la plupart des traitements de texte et outils de messagerie. Outre la correction de l’orthographe, syntaxe et typographie, il propose également une foule de statistiques pour évaluer votre style de façon très méthodique.

3— Changer de support, de couleur, de police, de mise en page

Quand vous relisez dans les mêmes conditions que celles où vous avez écrit, votre cerveau risque de se remettre en pilote automatique, surtout si vous n’avez pas fait de coupure suffisante.

Par chance, le moindre changement invite votre cerveau à redécouvrir votre manuscrit comme s’il s’agissait d’un nouveau document.

L’idéal est d’imprimer votre manuscrit et de le relire sur papier. Outre la nouveauté du format, le papier demeure plus reposant pour les yeux, et pour ma part j’y détecte souvent des coquilles qui m’ont échappé à l’écran.

Si vous travaillez sur écran sans pouvoir imprimer, amusez-vous à modifier la police, la couleur ou la mise en page. L’idée est de ruser pour faire croire à votre cerveau qu’il se trouve face à un texte inconnu. Et ça fonctionne !

4— Une relecture = un objectif

Selon vos compétences linguistiques et la nature de votre manuscrit, il sera probablement nécessaire de le relire plusieurs fois.

Profitez de chaque relecture pour vous donner un objectif précis, et commencez par le fond avant de fignoler les détails de forme.

Vérifiez évidemment en premier la cohérence du contenu, la précision de vos données et de vos arguments s’il s’agit d’une thèse, ou la solidité de votre scénario dans le cas d’une fiction.

Procédez ensuite à une relecture uniquement dédiée à vérifier l’orthographe et la grammaire, à une autre pour traquer les répétitions et lourdeurs de style, etc.

Pour un document long, consacrez une relecture complète à la typographie et à la ponctuation, et enfin une dernière relecture focalisée sur la mise en page et la cohérence visuelle.

Si vous avez le temps, n’hésitez pas à laisser reposer votre travail à chaque étape.

5— Établir une feuille de route

Si vous devez écrire régulièrement, dressez la liste de vos faiblesses habituelles au fur et à mesure de vos documents : cette liste vous servira de feuille de route et vous guidera lors de vos prochaines relectures. En outre cela vous permettra graduellement d’améliorer votre rédaction dès le premier jet puisque vous serez conscient des points à surveiller.

6— Relire à haute voix

Entendre votre texte plutôt que le lire vous offre une perspective nouvelle et très différente. À l’oreille, vous pourrez vous focaliser sur la cohérence de votre expression et de la syntaxe. Par ailleurs, cela vous permet de ressentir le rythme et les sonorités de votre écriture, dont il ne faut pas négliger l’impact sur le lecteur.

Les logiciels de traitement de texte proposent également des fonctions vocales, très utiles justement pour la relecture. Dans Word, allez dans l’onglet « Révision » et cliquez sur la fonction « Lecture à voix haute ». La lecture se lance par défaut à l’endroit où se trouve votre curseur, ou sur le texte que vous avez sélectionné.

7— Se faire relire par une personne extérieure

Si vous devez soumettre votre manuscrit à un jugement, que ce soit un jury de concours, un éditeur, ou encore un client, ne passez pas l’étape indispensable d’une relecture extérieure. Vous trouverez sans doute dans votre entourage des personnes compétentes et de bonne volonté. Parfois, cela ne suffit pas et vous aurez besoin d’une relecture professionnelle. Dans ce cas, je vous propose mes services de relecture et correction. Cliquez ici pour en savoir plus, ou pour me contacter.

Voici donc ma boîte à outils de relectrice. Avez-vous d’autres astuces pour vous relire ? Notez-les dans les commentaires, je serai ravie de découvrir d’autres façons de fonctionner.

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