Orthographe : le trait d’union

Le trait d’union, petit trait de rien du tout, semble bien inoffensif… Mais lorsqu’on veut écrire un document impeccable, ce minuscule signe typographique peut nous rendre fous. On le trouve à toutes les sauces, pourtant on ne peut pas le mettre n’importe comment. Alors, quelles sont les règles ? Quand faut-il l’utiliser… ou pas ?

Avant tout, une précision pour les puristes et autres maniaques dans mon genre (si ce n’est pas votre cas, passez directement au paragraphe suivant !)

Trait d’union ou tiret ?

Dans le langage courant, j’utilise tout le temps le terme tiret et rarement trait d’union, sans doute à cause des claviers où l’on différencie le fameux tiret du 6 du tiret du 8. En vérité, le tiret et le trait d’union sont deux signes typographiques distincts. Je vous avoue humblement que je l’ai découvert en faisant mes recherches pour cet article. Je vais donc respecter cette distinction ici, à défaut de le faire dans ma vie de tous les jours. Cela dit, maintenant que je le relis, le terme trait d’union est si joli que tiens, ça me donne envie de l’employer plus souvent à l’avenir !

Voici les définitions (résumées) du Petit Robert :

  • Trait d’union : signe écrit ou typographique servant de liaison entre les éléments de certains noms composés (ex. : arc-en-ciel) et entre le verbe et le pronom postposé (ex. : Crois-tu ? Prends-le).
  • Tiret : 1. Petit trait que l’on place après un mot interrompu en fin de ligne pour renvoyer à la fin du mot, au début de la ligne suivante. 2. Trait un peu plus long qui sépare d’un contexte une proposition, une phrase, ou qui indique un changement d’interlocuteur dans les dialogues. 3. (abusivement) Trait d’union.

Du coup, ce qui nous intéresse aujourd’hui, c’est où et quand utiliser le trait d’union — et non le tiret au sens strict, que j’aborderai peut-être une autre fois.

Règles d’utilisation du trait d’union

Dans les mots composés

Je ne vous cache pas que c’est un vrai casse-tête pour s’y retrouver. Certains mots composés le prennent obligatoirement pour les différencier du même groupe de mots avec un sens différent. Par exemple, on distingue une belle fille d’une belle-fille grâce à ce fameux petit signe. Ça semble logique et assez simple, n’est-ce pas ? Malheureusement, ce n’est pas valable à tous les coups, ce serait trop facile !

Il existe des règles à peu près fiables, que l’on peut mémoriser à force de les utiliser. En voici quelques-unes à titre d’exemple :

  • Les mots composés sur avant ou arrière s’écrivent avec un trait d’union : avant-main, avant-hier, arrière-garde, arrière-plan, etc.
  • Les adjectifs de couleurs composées s’écrivent avec un trait d’union (et sont invariables) : un pull bleu-vert, une plume jaune-orangé, des fruits rose-rouge, etc.
  • En revanche, les mots formés avec le préfixe auto sont d’un seul bloc : autobiographie, autodidacte, autoédition, etc.

Soyons honnêtes, il est impossible de tout retenir. La meilleure solution à mes yeux, celle que d’ailleurs j’applique systématiquement quand je rédige ou corrige un document, c’est de vérifier dans un bon vieux dictionnaire.

Entre le verbe et le pronom postposé

Ici, la règle est plus simple. Chaque fois que le sujet du verbe est postposé, on relie les deux par un trait d’union.

  • C’est le cas dans les dialogues où l’on peut lire dit-il, répondit-elle, etc. Si le verbe finit par une voyelle, on ajoute alors un t euphonique (qui sert à améliorer la sonorité à l’oral). Ce t est encadré par deux traits d’union : demande-t-elle, s’exclame-t-il.
  • C’est le cas également dans les questions : Penses-tu qu’elle viendra ? Imaginez-vous cela ?
  • Dans les ordres, on relie le verbe et le pronom complément : Prends-le, Vas-y, Dis-moi, etc. Si le verbe est suivi de plusieurs pronoms compléments, ils sont tous reliés au verbe : Explique-le-moi, Donnez-le-lui, etc.
  • Attention, il y a un piège, sinon ce ne serait pas drôle ! Dans les formes Va-t’en, Sers-t’en, etc., on utilise une apostrophe, et non un trait d’union, dans la deuxième partie. L’apostrophe indique une contraction : ici, le pronom te est contracté en t’.

En résumé

Comme une illustration est souvent plus parlante que la théorie, je me suis amusée à écrire un texte qui reprend un certain nombre de cas décrits au-dessus.

La petite Lili et son grand-père Firmin profitent du paysage d’arrière-saison par la fenêtre du rez-de-chaussée. La maison est de plain-pied. Viviane tend son avant-bras :

— Quel bel arc-en-ciel ! s’exclame-t-elle. Crois-tu que l’orage est fini ?

— J’en doute, répond-il en désignant les nuages bleu-noir.

— Est-ce que je peux emprunter ton appareil photo ? demande-t-elle.

— Vas-y, prends-le, et sers-t’en autant que tu le souhaites ! dit-il en lui donnant l’appareil.

Viviane s’en empare aussitôt et mitraille le paysage.

Pour conclure

J’espère que ce rapide aperçu vous a été utile. Il est impossible de faire le tour de la question en quelques lignes. Si vous avez envie d’approfondir le sujet, j’ai listé quelques liens en fin d’article. En revanche, si vous avez simplement besoin de relecture, n’hésitez pas à faire appel à moi ! 😊

Références

Dictionnaire Le Petit Robert 2020

Article du Projet Voltaire sur les différents emplois du trait d’union

Quelques rappels de règles orthographiques avec des exercices, toujours sur le Projet Voltaire: « va-t’en », « m’entend-il », « trois quarts », « caporal-chef »

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