Cinq conseils pour rester motivé pendant l’écriture de votre roman

Vous écrivez le premier jet d’un roman — ou d’une autobiographie, d’une thèse… la problématique est souvent proche à ce stade.

Fiction ou non, dès qu’on s’attaque à l’écriture d’un ouvrage conséquent, il est difficile de rester motivé sur le long terme. On s’essouffle, on se met à douter, on se dit que finalement ce n’est peut-être pas une si bonne idée…

Si en plus vous écrivez pour votre plaisir sans réelle deadline, il est tentant de jeter l’éponge en cours de route.

Peut-être participez-vous au NaNoWriMo : vous avez tenu jusqu’ici, mais la fatigue se fait sentir après deux semaines complètes — ou bien, à l’inverse, vous êtes déjà « dans les choux » au compteur et vous vous sentez complètement noyé. Dans les deux cas, vous vous demandez si vous allez tenir jusqu’au bout du mois… et de votre livre.

Quelle que soit votre situation, nous passons tous par des phases de découragement : la bonne nouvelle, c’est que c’est normal. La mauvaise nouvelle… c’est que c’est normal, et que vous n’y échapperez pas, même avec l’expérience.

Mais s’il n’y a pas moyen d’éviter ces sables mouvants du processus créatif, il existe des moyens pour faciliter leur traversée. Voici donc quelques conseils pour vous aider à aller au bout de votre premier jet.

Vous rappeler pourquoi vous écrivez

Ça paraît bête, mais on l’oublie beaucoup trop vite.

Notez la raison qui vous a poussé à écrire ce roman. Écrivez-la dans votre journal d’écriture si vous en avez un, ou sur une feuille punaisée au-dessus de votre bureau. Cette raison doit rester accessible afin que vous la relisiez chaque fois que vous doutez. Ce peut être un contrat, une promesse à vous-même, ou juste l’énonciation d’un rêve d’enfant : « Je veux écrire ce roman parce que j’en rêve depuis des années. »

Établir une routine

L’essentiel pour écrire un projet à long terme comme un livre, c’est la régularité. Cela veut dire y consacrer un peu de temps tous les jours. Si vous écrivez une fois de temps en temps quand l’envie vous en vient, et que vous laissez ensuite dormir votre manuscrit ne serait-ce que pendant plusieurs jours, vous allez perdre le fil et la motivation. Pendant l’écriture du premier jet, il est essentiel de rester connecté à votre récit.

Attention, écrire tous les jours, ça veut bien dire TOUS les jours : même le jour où vous avez une journée de 12 h au boulot, même le jour du mariage de votre sœur, même le jour où vous recevez trente personnes. Bon, ces jours-là, on est bien d’accord que vous n’y consacrerez peut-être pas plus de 5 minutes. Vous prendrez peut-être juste le temps de noter un paragraphe, une réplique de dialogue, ou jeter une idée en vrac sur un post-it. Ce qui compte n’est pas tant la quantité que le fait de mobiliser votre esprit sur le sujet. Grâce à ça, le jour suivant vous aurez encore tout en tête pour continuer, vous n’aurez pas besoin de « préchauffer » votre cerveau.

En plus, si vous prenez l’habitude d’écrire quotidiennement sur votre roman, votre subconscient va enregistrer ce projet comme un élément important, et continuer de travailler pour vous, même quand vous n’y pensez pas consciemment. Toutes les questions auxquelles vous n’arrivez pas à répondre, les décisions sur lesquelles vous hésitez, vont se décanter naturellement en arrière-plan pendant le reste de la journée. Et soudain, vous ressentirez la magie des illuminations subites : votre subconscient vous livrera des solutions toutes prêtes, comme par miracle.

Fixer des objectifs réalistes

Dans notre société productiviste, tout le monde se fixe des objectifs pour tout. Moi la première, je l’avoue. Sans objectif, je flotte dans une sorte de néant et je ne fais pas grand-chose. Donc, quand j’ai découvert l’organisation grâce au BuJo, je me suis mise à me fixer des objectifs de façon frénétique. Au début c’était magique ! J’accomplissais des tas de choses, c’était addictif, j’en ajoutais toujours plus. Mais forcément, à un moment, j’ai atteint la limite de mes capacités et je n’ai plus réussi à tenir mes objectifs. Déception, frustration, sentiment de nullité… Vous voyez le tableau. En fait, je me fixais simplement des objectifs intenables.

Donc, fixez-vous des objectifs, oui — mais des objectifs accessibles. De temps en temps, un défi un peu fou comme le NaNoWriMo donne un coup de fouet et permet d’avancer plus vite, mais on est bien d’accord, ce n’est pas la peine de vouloir tenir ce rythme toute l’année, à moins d’être un ermite et de dédier l’intégralité de votre vie à votre écriture.

L’idée, c’est de découper votre objectif final (écrire un roman) en plusieurs étapes, de plus en plus petites, pour pouvoir visualiser les étapes. L’objectif final est souvent trop gros pour l’appréhender. Difficile de dire à l’avance combien de temps il vous faudra pour achever votre roman tant que vous n’en avez pas écrit une dizaine. En revanche, vous pouvez déjà vous fixer de petits paliers intermédiaires à chaque grande étape de l’écriture (préparation, écriture, relectures) : le fait de valider ces sous-étapes au fur et à mesure de votre avancement est très gratifiant. Vous pouvez même vous octroyer de vraies récompenses pour les paliers importants !

Pour l’écriture du premier jet, puisque c’est le sujet aujourd’hui, vous avez le choix. Vous pouvez partir sur un temps dédié, un nombre de scènes ou encore un nombre de mots, par jour ou par semaine : le NaNoWriMo vous force à tenir une moyenne de 1667 mots par jour, ce qui demande 1,5 à 2 h d’écriture quotidienne. Mais vous pouvez tout aussi bien vous fixer un objectif plus raisonnable de 300 ou même 150 mots par jour. Même si vous travaillez au temps passé, je vous conseille de noter chaque fois que vous écrivez combien de mots/scènes/chapitres vous avez ajouté à cette session : cela matérialise votre progression. Même si vous n’écrivez que 50 mots à la fois, vous voyez votre compteur augmenter et c’est réellement gratifiant.

Oublier la perfection

Vous écrivez un premier jet. Lâchez la pression, acceptez d’écrire un texte imparfait avec des fautes, des tournures maladroites, voire des incohérences monumentales. Vous ne pouvez pas sortir du premier coup un récit parfait. De toute façon, un récit parfait, ça n’existe pas ! Donc, écrivez ce qui sort de vous, tant pis si ça vous semble lourd, mièvre, ridicule.

De toute façon, personne d’autre que vous ne va le lire pour l’instant. En revanche, vous avez besoin de finir ce premier jet pour récolter les germes du récit final.

Vous vous soucierez de peaufiner tout ça à la relecture, ou plutôt, aux relectures successives. Mais ça, c’est pour plus tard, ce n’est pas votre problème dans l’immédiat. Autorisez-vous à écrire mal, à écrire n’importe quoi s’il le faut.

Shannon Hale a comparé l’écriture d’un premier jet au fait de « remplir un bac de sable pour ensuite pouvoir y construire des châteaux », j’avoue que j’aime beaucoup cette image.

En moins délicat, Hemingway a affirmé qu’un premier jet « est toujours de la merde ». Si Hemingway écrivait des premiers jets de merde, vous pouvez bien vous l’autoriser aussi !

Partager

Le dernier, mais non le moindre des conseils pour rester motivé, c’est bien sûr de partager votre aventure avec d’autres. Ce peut être un autre écrivain, mais pas nécessairement. Il suffit que la personne en question s’intéresse suffisamment à votre projet pour prendre des nouvelles de son avancement et vous encourager quand vous en ressentez le besoin.

Si vous n’avez personne dans votre entourage qui puisse remplir cette mission, les réseaux sociaux regorgent de groupes d’écriture. Ça ne vaut pas un vrai contact humain, mais c’est mille fois mieux que la solitude. Des communautés comme celle du NaNoWriMo sont excellentes pour partager ses doutes, ses enthousiasmes, et échanger sur divers sujets.

Dans tous les cas, ne restez pas dans votre coin. Osez vous montrer et donner corps à votre projet en en parlant avec d’autres.

Visitez les blogs d’écriture, commentez les articles, posez des questions, participez à des ateliers : cela vous fera entrer en relation avec d’autres écrivains et vous vous apercevrez qu’ils éprouvent probablement exactement les mêmes affres que vous. Et que ça n’est pas une raison pour abandonner !

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Anne BONNIER

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"Nous sommes ce que nous répétons souvent. L'excellence, donc, n'est pas un acte. C'est une habitude."
Aristote