Ne plus se tromper sur les terminaisons des verbes en -er/-é/-ais

On confond souvent à l’écrit ces différentes orthographes, simplement parce qu’à l’oral elles sonnent pareil – ou presque. Si vous aussi vous hésitez parfois entre ces formes, voici quelques astuces très simples pour ne plus vous tromper.

Terminaison en -er

C’est la terminaison des verbes du 1er groupe à l’infinitif, c’est-à-dire lorsqu’ils ne sont pas conjugués. Ce sont des verbes comme aimer, manger, danser, rêver, etc.

Dans une phrase, l’infinitif a souvent la valeur d’un groupe nominal. Il peut donc être sujet, complément, ou encore suivre une préposition.

La méthode la plus simple pour savoir si vous avez bien besoin d’un infinitif en -er consiste à remplacer le verbe par un verbe avec une autre terminaison : finir, prendre, etc.

Rêver/Dormir est mon activité favorite. – Je préfère chanter/peindre. – Je fais des efforts pour maîtriser l’orthographe/finir mon article à temps.

Terminaison en -é (et ses variantes -ée/-és/-ées)

C’est la terminaison du participe passé des verbes du 1er groupe. La difficulté vient du fait qu’à l’oral, on ne fait pas la différence entre l’infinitif (-er) et ce participe passé.

Le participe passé a souvent la valeur d’un adjectif dans une phrase. Il peut se trouver apposé à un nom, après les verbes être, sembler, paraître, devenir, etc. C’est aussi le participe qui suit l’auxiliaire avoir dans les temps composés du passé : passé composé, plus que parfait, etc.

Il peut s’accorder avec son sujet ou antécédent au féminin (-ée) et au pluriel (-és/-ées)… mais l’accord du participe est un vaste sujet à lui tout seul, sur lequel je reviendrai une autre fois.

Pour savoir si vous avez affaire à un participe passé, vous pouvez le remplacer soit par un adjectif, soit par un verbe du 2e ou 3e groupe (qui n’a pas l’infinitif en -er !) puisque ces verbes ont un participe passé bien différent de leur infinitif.

J’ai rêvé que la maison s’envolait/J’ai mal dormi. Cette maison semble hantée/maudite. Le gâteau fut promptement avalé/englouti par les convives.

Terminaison en -ais/-ait

Ce sont les terminaisons de l’imparfait aux trois personnes du singulier (je, tu, il/elle).

Normalement, on devrait distinguer à l’oral le son [Ɛ] qui correspond à la graphie « ai » du son [e] qui correspond aux graphies « é » ou « er ». Mais selon les accents et les régions, la différence n’est pas toujours audible.

L’imparfait indique une action qui était en cours ou habituelle dans le passé, ou encore un état passé. Contrairement à l’infinitif et au participe passé, le verbe est ici conjugué.

Pour s’assurer que l’on a bien un verbe à l’imparfait, on peut le remplacer par « étais/était en train de » ou « avais/avait l’habitude de ». Ce n’est pas très élégant, mais ça devrait vous permettre d’identifier la forme !

Lorsque j’habitais/j’étais en train d’habiter à Paris, je sortais/j’avais l’habitude de sortir au cinéma tous les samedis. Dracula se penchait/était en train de se pencher sur sa victime…

Testez-vous

Vous avez tout suivi ? Voici un petit jeu pour vous tester : corrigez si nécessaire les phrases suivantes. Attention, certaines sont justes ! La correction se trouve en dessous.

Peggy a manger toutes les prunes. C’est malin, Régis voulé faire une tarte… maintenant, il est bien ennuyé. Il faut retournait cherché de quoi remplacée les prunes boulotter !

Hier, pendant que Régis les ramassait, Peggy tournée autour de l’arbre et renifler partout, attirait par la bonne odeur sucrer. Régis aurait dû se doutait qu’il ne fallait pas laissé les prunes à la portée de sa chienne si gourmande. Il a même dû l’emmenait chez le vétérinaire pour vérifié que cela n’allé pas lui causait une indigestion. C’est décider, la prochaine fois, Régis va ranger les fruits sous clé !

Corrigé

Il y avait 17 formes erronées dans le texte. Les formes correctes sont en gras et soulignées.

Peggy a mangé toutes les prunes. C’est malin, Régis voulait faire une tarte… maintenant, il est bien ennuyé. Il faut retourner chercher de quoi remplacer les prunes boulottées !

Hier, pendant que Régis les ramassait, Peggy tournait autour de l’arbre et reniflait partout, attirée par la bonne odeur sucrée. Régis aurait dû se douter qu’il ne fallait pas laisser les prunes à la portée de sa chienne si gourmande. Il a même dû l’emmener chez le vétérinaire pour vérifier que cela n’allait pas lui causer une indigestion. C’est décidé, la prochaine fois, Régis va ranger les fruits sous clé !

Vous avez tout trouvé ? Félicitations !

Dans le cas contraire, ne vous découragez pas, entraînez-vous encore un peu. J’espère que mes astuces vous aideront. Si vous avez d’autres petits trucs pour ne pas vous tromper, partagez-les en commentaire, ça servira peut-être à d’autres personnes. 😊

Et si vous n’êtes vraiment pas à l’aise avec l’orthographe, je propose aussi un service de relecture pour vos manuscrits et documents importants.

2 réflexions sur “Ne plus se tromper sur les terminaisons des verbes en -er/-é/-ais”

  1. On sent l’ancienne prof, didactique et agréable à lire 🙂 Donne envie de faire plus attention encore à l’écrit. Merci Anne !

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