Faut-il préparer l’écriture d’un roman ?

Vous avez envie d’écrire un roman, peut-être depuis longtemps, et vous vous demandez par où commencer ?

Vous vous sentez seul(e) face à une jungle inextricable et vous auriez besoin d’un coup de main pour vous guider et garder la motivation ?

La bonne nouvelle, c’est que vous n’êtes en réalité pas du tout seul(e). Aujourd’hui, grâce à internet, vous avez accès à de multiples ressources, ainsi qu’à des groupes divers pour vous soutenir dans l’aventure. Bienvenue dans la grande famille des écrivains !

Bon, il est vrai que beaucoup de ces trésors sont en anglais. Mais ces dernières années, l’offre en français s’est bien étoffée et on commence à trouver de belles pépites.

Pour contribuer à élargir encore nos ressources francophones, voici donc le premier d’une série d’articles, série que j’ai conçue pour vous aider à vous lancer dans l’écriture d’un roman.

NaNoWriMo, vous connaissez ?

Si je publie le premier article sur ce sujet fin septembre, ce n’est pas anodin. Pour des milliers d’écrivains à travers le monde, le mois d’octobre rime avec la préparation du fameux NaNoWriMo (National Novel Writing Month, ou « mois national de l’écriture de roman »), un marathon d’écriture créé en 1999 par Chris Baty qui a lieu tous les ans en novembre.

Le principe du NaNoWriMo est d’écrire 50 000 mots en 30 jours. C’est à la fois énorme et très faisable, même avec un travail à plein temps… sous certaines conditions. J’y reviendrai dans les articles à venir. Quoi qu’il en soit, c’est un formidable moteur pour accoucher d’un premier jet.

Franchement, si vous avez une idée en tête, mais du mal à vous y mettre, testez le challenge du NaNoWriMo ! Même si vous ne parlez pas anglais, vous pourrez retrouver sur les forums et les réseaux sociaux une large communauté de participants francophones.

Préparer ou pas ?

On distingue traditionnellement deux types de romanciers : les anglophones parlent de planner vs pantser.

Les planners planifient tout dans le moindre détail. En français, on parle d’écrivains-architectes : ils dessinent les plans détaillés de leur roman comme s’il s’agissait d’un bâtiment complexe.

À l’opposé, les pantsers « usent leur pantalon », c’est-à-dire qu’ils s’assoient à leur bureau et écrivent au fil de l’inspiration. Chez nous, ce sont les jardiniers, ces écrivains qui sèment des graines et les laissent pousser pour voir où cela les mène.

En vérité, il existe surtout toutes les nuances entre ces deux extrêmes. La plupart des écrivains-jardiniers ont une idée globale de leur scénario, sans avoir forcément consigné des pages de notes préparatoires. Certains aiment découvrir l’histoire en même temps qu’ils la rédigent.

Pour d’autres, dont je fais partie, la phase de préparation est vitale. J’ai besoin de réfléchir sur papier, de prévoir, d’explorer. Cela ne veut pas dire que je suis mes prévisions à la lettre. En réalité, mes plans changent bien souvent en cours d’écriture ! Mais c’est toujours rassurant d’avoir une feuille de route « au cas où ».

Il faut dire que j’ai passé plus de vingt ans à essayer d’écrire en vain : je commençais un récit au hasard, puis après une cinquantaine de pages, je bloquais, incapable de poursuivre. L’écriture en version jardinier fonctionnait à peu près sur des textes courts, mais pas du tout sur des romans.

Le fait de préparer l’écriture de mes romans a révolutionné ma pratique et m’a donné les clés pour boucler mon premier « premier jet » il y a quatre ans. Depuis, j’ai finalisé un deuxième roman et je travaille actuellement à la relecture du troisième. Après des décennies de découragement, je me sens enfin sereine quant à ma capacité à aller au bout du processus !

Avec le recul, je dirais que les deux pratiques, architecte et jardinier, se complètent. Chacune a ses avantages et ses inconvénients et dans l’idéal, on combine les deux.

Planifier en architecte :

Les plus :

  • ossature solide, moins d’angoisse de la page blanche, moins de risque de se trouver bloqué au milieu
  • possibilité de prévoir les péripéties et donc de jouer avec les échos, présages, indices donnés au début
  • premier jet souvent plus abouti, qui nécessitera moins de travail à la relecture (sans garantie !)

Les moins :

  • démotivation possible due à la lassitude, l’impression de déjà-vu, le manque de surprise
  • risque de ne pas oser dévier du plan et de rater des ouvertures possibles
  • risque de blocage si le récit ou les personnages n’évoluent pas comme prévu

Écrire au fil de la plume en jardinier :

Les plus :

  • spontanéité, liberté, plaisir de la découverte,
  • possibilité d’adapter le récit à tout moment selon l’évolution de la cohérence interne

Les moins :

  • risque de blocage et d’abandon en cours de route faute de solution à un problème de scénario
  • premier jet souvent assez brouillon et relecture plus laborieuse

Conclusion

Si vous voulez écrire sérieusement, je vous encourage à essayer les deux — et surtout différents dosages entre les deux, pour trouver la pratique qui vous convient le mieux. D’un roman à l’autre, vous n’aurez d’ailleurs pas forcément la même approche !

Pour ma part, comme je vous l’ai dit, la préparation a révolutionné mon rapport à l’écriture… Mais en réalité, la préparation n’est qu’une partie de la solution. Car en planifiant la rédaction de mes derniers romans, je me suis pour la première fois réellement penchée sur les techniques de construction d’un récit. Et c’est cela surtout qui m’a permis de surmonter mes anciens blocages.

C’est pourquoi dans le prochain article de cette série, je vous proposerai un petit tour d’horizon de diverses méthodes pour structurer votre scénario.

Où en êtes-vous dans l’écriture ? Racontez-moi votre façon de procéder dans les commentaires !

Selon l’avancement de votre projet, je peux vous aider à le finaliser, de la relecture critique de manuscrit (bêta lecture) à la dernière relecture orthotypographique.

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