Le jeu du texte à corriger (2)

J’aime beaucoup ce genre de texte qui permet de réviser l’orthographe de façon ludique et sans pression. J’en avais publié un premier que vous pouvez retrouver ici.

Aujourd’hui, voici donc une nouvelle version du jeu des erreurs.

Le texte suivant contient 25 fautes courantes, qui portent sur l’orthographe, la grammaire, ou la typographie : saurez-vous toutes les repérer… et surtout les corriger ?

La correction et les explications se trouvent en dessous.

Le texte à corriger

Bérénice tournais en rond dans la chambre conjuguale, l’esprit assailli de milles questions : elle venait de découvrir le pistolet au fond d’un tiroir, sous les caleçons de Luc. Mais quelle idée avait-il donc eu de rapporter sont arme de service a leur domicile ? Pourquoi ? Depuis quand ? Elle frémissait à l’idée que l’arme qui gisait sur les draps oranges partageait peut-être leur quotidien depuis des jours… des semaines ?

Bérénice détestait les armes, Luc le savait. Bien qu’officier de police en possession d’un permit de port d’arme professionel, il lui avait solennellement promit de ne jamais ramener son pistolet à la maison, de toujours le laisser au poste, dans le coffre-fort au fond de la réserve. Cela permettait le maintient d’une atmosphère sereine à la maison.

La jeune femme s’approcha du lit est empoigna le pistolet d’une main fébrile. Le choque initial de la découverte fis place à une colère sourde. Quand elle entendit la clé tournait dans la serrure de l’appartement et que Luc pénétra dans la chambre, elle l’acceuillit l’arme au point.

— Qu’est-ce que c’est que sa ? gronda-t’elle, la voie étranglée de rage.

Luc ouvrit des yeux effarés.

— Donnes-le moi, murmura-t-il en avançant lentement, la main tendue.

Bérénice tremblait comme une feuille dans le vent d’automne. Soudain, une détonation retentie, suivi d’un hurlement de douleur :

— Ma jambe ! gémit Luc en s’effondrant.

Bérénice resta tétanisée un instant et laissa échapper l’arme. Qu’avait-elle fait ! Heureuseument, c’était elle qui était hémophile, pas son mari.

La correction

Bérénice tournait (1) en rond dans la chambre conjugale (2), l’esprit assailli de mille (3) questions : elle venait de découvrir le pistolet au fond d’un tiroir, sous les caleçons de Luc. Mais quelle idée avait-il donc eu de rapporter son (4) arme de service à (5) leur domicile ? Pourquoi ? Depuis quand ? Elle frémissait à l’idée que l’arme qui gisait sur les draps orange (6) partageait peut-être leur quotidien depuis des jours… des semaines ?

Bérénice détestait les armes et Luc le savait. Bien qu’officier de police en possession d’un permis (7) de port d’arme professionnel (8), il lui avait solennellement promis (9) de ne jamais rapporter (10) son pistolet à la maison, de toujours le laisser au poste, dans le coffre-fort au fond de la réserve. Cela permettait le maintien (11) d’une atmosphère sereine à la maison.

La jeune femme s’approcha du lit et (12) empoigna le pistolet d’une main fébrile. Le choc (13) initial de la découverte fit (14) place à une colère sourde. Quand elle entendit la clé tourner (15) dans la serrure de l’appartement et que Luc pénétra dans la chambre, elle l’accueillit (16) l’arme au poing (17).

— Qu’est-ce que c’est que ça (18) ? gronda-t-elle (19), la voix (20) étranglée de rage.

Luc ouvrit des yeux effarés.

— Donne-le-moi (21 & 22), murmura-t-il en avançant lentement, la main tendue.

Bérénice tremblait comme une feuille dans le vent d’automne. Soudain, une détonation retentit (23), suivie (24) d’un hurlement de douleur :

— Ma jambe ! gémit Luc en s’effondrant.

Bérénice resta tétanisée un instant et laissa échapper l’arme. Qu’avait-elle fait ! Heureusement (25), c’était elle qui était hémophile, pas son mari.

Les explications

1 – À l’imparfait, les terminaisons sont les mêmes pour tous les verbes :

Je/Tu… -ais – Il/Elle… -ait – Nous… -ions – Vous… -iez – Ils/Elles… -aient

Vous pouvez retrouver mon article sur ce point : « Ne plus se tromper sur les terminaisons en -er, -é, -ais ».

2 – Il n’y a pas besoin de « u » entre un « g » et un « a ». On le trouve uniquement dans le participe présent de verbes du 1er groupe en « -guer ». Ex. : naviguer > C’est en naviguant que j’ai découvert le monde.

3 – L’adjectif numéral mille (1000) est invariable. À ne pas confondre avec le nom masculin mille (unité de longueur nautique ou terrestre) qui peut prendre le pluriel.

4 – Son : adjectif possessif / sont : verbe être à la 3e du pluriel du présent de l’indicatif.

Astuce : si vous pouvez remplacer par « mon », il s’agit du possessif « son » ; si vous pouvez remplacer par « étaient », il s’agit du verbe « sont ».

5 – À : préposition introduisant un complément / : verbe avoir conjugué à la 3e personne du singulier.

Astuce : « à » suivi de l’article « le / les » devient « au / aux » ; si vous mettez la phrase au futur, le verbe « a » sera remplacé par « aura ».

6 – Orange : les adjectifs de couleur formés sur un nom commun restent invariables : orange, marron, crème, etc. Attention, il y a six exceptions : écarlate, fauve, incarnat, mauve, pourpre, rose. Ces derniers s’accordent.

7 – Le nom permis s’écrit toujours avec un « s ». Permit est le passé simple du verbe permettre à la 3e personne du singulier, on peut le remplacer par autorisa : Roger permit à son fils d’utiliser la voiture = Roger autorisa son fils à utiliser la voiture. 

8 – Professionnel prend deux « s » et deux « n ». L’orthographe anglaise est différente : professional.

9 – Promis : participe passé (féminin : promise). Promit est le passé simple du verbe promettre à la 3e personne du singulier.

10 – Faute d’usage très courante : (r)apporter s’utilise pour des objets inertes que l’on porte. (R)amener, pour des personnes / animaux que l’on mène, mais qui se déplacent d’eux-mêmes.

11 – Le nom maintien ne prend pas de « t ». Maintient correspond au verbe maintenir conjugué à la 3e personne du singulier du présent.

Astuce : même cas pour un entretien / il entretient, du soutien / elle soutient.

12 – Et : conjonction de coordination / est : verbe être conjugué à la 3e personne du singulier du présent.

Astuce : vous pouvez remplacer et par mais ou encore ou ; si vous mettez la phrase au pluriel, est deviendra sont.

13 – Choc : nom / choque est une forme conjuguée du verbe choquer.

 14 – Au passé simple, la plupart des verbes ont une terminaison en « s » à la 2e personne du singulier Astuce  (tu), et une terminaison en « t » à la 3e (il/elle).

15 – Ne pas confondre l’infinitif tourner et la forme conjuguée à l’imparfait tournait.

Astuce : pour les différencier à l’oreille, remplacez le verbe par un dont l’infinitif n’est pas en -er, par exemple prendre / prenait, venir / venait, etc.

16 – Accueillir : le « u » précède le « e ». En général les logiciels vous corrigent cette faute et on n’y fait plus attention, mais si vous devez écrire à la main, pensez-y.

17 – Ne pas confondre le poing (la main fermée) et le point (lieu ou moment précis, marque, signe de ponctuation…).

18 – Ça : remplace à l’oral et dans la langue familière « cela » / sa : adjectif possessif suivi d’un nom féminin, « la sienne ».

19 – Le « t » euphonique (c’est-à-dire pour simplifier la prononciation) est toujours encadré de traits d’union, jamais d’apostrophe. Pour plus de détails, allez voir mon article « Savoir utiliser le trait d’union ».

20 – Ne pas confondre la voix (celle qui sort de notre bouche) et la voie (chemin, passage).

21 – À l’impératif, les verbes du 1er groupe (en -er) ne prennent jamais de « s ». J’ai aussi écrit un court article sur ce point : « Les terminaisons de l’impératif ».

22 – À l’impératif, le verbe est relié à ses compléments d’objet par des traits d’union, même s’il y en a deux !

23 – Au passé simple, tous les verbes du 2e groupe (infinitif en -ir et participe présent en -issant, sur le modèle de finir) ont les mêmes terminaisons :

Je/Tu… -is – Il/Elle… -it – Nous… -îmes – Vous… -îtes – Ils/Elles… -irent.

24 – Le participe passé s’accorde avec le nom féminin détonation puisque c’est elle qui est suivie. Vous trouverez un rappel des règles essentielles dans l’article « Comment accorder le participe passé ».

25 – Heureusement : deux « eu » comme dans heureux, heureuse, puis deux « e ». Ici encore, le problème ne se pose que si vous rédigez de façon manuscrite… mais ce sont des choses qui arrivent !

Alors, combien de fautes avez-vous réussi à corriger ?

Si vous le souhaitez, notez votre score dans les commentaires.

Pas de panique si vous avez laissé des fautes ! N’oubliez pas que l’orthographe s’apprend et se réapprend à tout âge, et surtout doit s’entretenir.

Si vous estimez que vous avez besoin de vous remettre à niveau ou progresser, formez-vous ! Il existe des livres, des tutoriels en ligne, et même des formations éligibles au financement CPF : entre autres la formation du Certificat Voltaire que j’ai suivie et que je recommande, mais elle n’est pas la seule. Vous trouverez forcément une solution adaptée à votre cas.

Et bien sûr, vous pouvez faire appel à moi : c’est par ici. 😊 Je relis et corrige tous vos documents, et suis également disponible pour du conseil ponctuel sur des questions d’orthographe.

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