Comment améliorer son style à l’écrit ?

Première partie — les bases

Que vous écriviez pour votre plaisir ou à titre professionnel, le style est l’un des aspects essentiels à travailler pour obtenir des écrits de qualité : clairs, précis et agréables à lire.

Pourtant, le sujet demeure très abstrait et on peine souvent à définir ce qui différencie un bon d’un mauvais style. Je vais donc vous proposer quelques pistes très concrètes afin de vérifier et d’améliorer le style de vos écrits.

Qu’est-ce que c’est que le style ?

Dans le domaine du langage et de la linguistique, le CNTRL propose les définitions suivantes :

1.a) Ensemble des moyens d’expression (vocabulaire, images, tours de phrase, rythme) qui traduisent de façon originale les pensées, les sentiments, toute la personnalité d’un auteur.

1.b) Manière d’écrire ou de parler très personnelle.

2. a) Mode d’expression verbale qui est spécifique de tel genre ou sujet littéraire, qui correspond ou non à certaines normes formelles.

2.b) Mode d’expression verbale qui correspond idéalement à certaines normes formelles.

3. Mode d’expression verbale propre à une école, à une nation, à une époque

4. Mode d’expression verbale propre à une activité, à un groupe professionnel.

Pour résumer, on voit que le style est à la fois personnel, et soumis à des normes formelles qui dépendent du contexte.

Le style en tant qu’expression personnelle se construit sur la durée, et il n’y a pas de recette miracle pour l’améliorer, sinon de lire et d’écrire, encore et encore. C’est en imitant les auteurs que vous admirez et en testant différents styles que vous développerez votre propre personnalité d’écriture.

Cela dit, à moins d’être un écrivain « professionnel », on peut tout à fait se passer de travailler son style personnel dans la vie courante. Vous avez forcément un style lié à votre identité, mais vous n’êtes pas obligé de vous en soucier.

Pour cette première approche, je vais me limiter à la deuxième partie de la définition, c’est-à-dire le respect de certaines normes formelles, puisque c’est sur ce point qu’il est facile de travailler et de progresser très vite.

Mais d’abord, je vais tenter de répondre à deux questions générales que vous vous posez peut-être.

Pourquoi le style est-il important ?

Le style est l’habillage de tout texte écrit. Nous avons tous des auteurs favoris dont nous retrouvons les textes avec plaisir, comme de vieux amis, et d’autres qui nous hérissent. Comme je l’ai dit plus haut, nous possédons chacun un style unique et souvent inconscient.

Votre style à l’écrit peut se comparer à votre voix physique : l’un comme l’autre est unique, et à moins de travailler dessus tous les jours, vous n’avez pas beaucoup de contrôle sur sa texture. Votre voix touchera davantage certaines personnes que d’autres, tout comme votre façon d’exprimer votre pensée.

En revanche, dès que vous soumettez un écrit à la lecture, le respect des normes formelles devient indispensable pour assurer la bonne compréhension de votre message, et rendre sa lecture la plus agréable possible. Si la lecture s’avère indigeste, dans le meilleur des cas, le lecteur va survoler votre texte et risque de perdre une partie de l’information ; dans le pire, il ne lira pas du tout.

Qu’est-ce qui constitue la base d’un bon style ?

La question est vaste, mais si on essaie d’aller à l’essentiel, la qualité première d’un bon style est sa limpidité. Cela implique une écriture simple qui ne sacrifie pas la clarté du propos à des effets complexes, même s’ils vous semblent poétiques ou raffinés.

Voici donc deux points de base à vérifier. Il y en a beaucoup d’autres, mais j’ai sélectionné ceux qui à mon sens ont vraiment un impact direct sur la transmission du message.

Une syntaxe qui respecte les liens entre les blocs grammaticaux

Une phrase est composée de différents segments dont l’agencement suit un certain nombre de règles. Dans les phrases à rallonge, on perd parfois de vue que certains blocs sont indissociables. Voici les deux principaux :

Le bloc Sujet-Verbe-Complément d’Objet (COD/COI)

Ces trois éléments ne doivent jamais être séparés par des compléments circonstanciels.

Prenons par exemple la phrase de base suivante :

Ludivine (S) mangeait (V) des prunes (COD).

Ajoutons des compléments, et comparons :

Un soir d’été, Ludivine mangeait des prunes au fond du jardin en recrachant les noyaux.

Ludivine mangeait un soir d’été en recrachant les noyaux des prunes au fond du jardin.

Un soir d’été, Ludivine en recrachant les noyaux mangeait des prunes au fond du jardin.

Le nom et ses compléments

Un nom doit rester accolé aux éléments qui le définissent, qu’il s’agisse d’adjectifs, d’un complément de nom, d’une apposition ou d’une relative. Voici quelques exemples :

Ludivine, la fille aînée de ma sœur, mangeait des prunes. (apposition + Complément de Nom)

Ludivine mangeait la fille aînée des prunes de ma sœur. (Ludivine est devenue anthropophage… ou bien la fille aînée est une prune !)

La petite fille dont je vous parlais mangeait des prunes. (relative)

La petite fille mangeait des prunes dont je vous parlais. (je vous parlais des prunes, et plus de la petite fille)

Ludivine, qui s’était hissée sur une branche, mangeait des prunes. (relative entre virgules)

Ludivine mangeait des prunes qui s’était hissée sur une branche. (la phrase n’a plus de sens)

Bien sûr, les exemples que j’ai choisis sont volontairement flagrants. Le plus souvent, la phrase paraît maladroite tout en restant compréhensible. Parfois, cela crée une confusion et peut mener à des malentendus.

La cohérence des temps et des pronoms

Le problème se pose rarement sur un texte court, ou un courrier. Mais dès que l’on aborde des écrits un peu longs, on a tendance à modifier sans s’en apercevoir les temps, voire les pronoms. Plus on effectue de modifications, plus le risque d’incohérence grandit.

La cohérence des pronoms

L’incohérence dans les pronoms est très banale. Voici quelques erreurs à éviter parmi les plus courantes.

Parler de généralités et passer de « on » à « nous » puis à « vous ». Par exemple, je commets cette faute si je parle des erreurs que l’on commet, quand nous ne faisons pas attention. Même si le cerveau fait le lien sans problème, il est plus élégant de garder le même pronom tout le long.

Commencer un texte avec un narrateur à la première personne, et le continuer à la troisième (ou inversement). C’est un défaut classique des écrivains débutants, mais ça arrive même aux plus chevronnés sur un premier jet.

Modifier un terme et oublier son impact sur le reste. Par exemple si vous changez « les gens » par « les personnes » dans une phrase, il faudra vérifier que dans toute la suite de votre texte vous utilisez bien le pronom « elles » et non « ils/eux ».  

La cohérence des temps.

Il est essentiel de respecter les règles de concordance des temps. Quand c’est possible, privilégiez les temps et modes usuels. Cela dit, parfois la concordance des temps impose des subjonctifs imparfaits, et il n’y a pas de honte à rouvrir un manuel de conjugaison pour vérifier la forme !

Dans les récits, on saute parfois du présent au passé. Dans certains cas, c’est un effet volontaire, mais attention, cela peut créer un problème de chronologie si on ne comprend plus à quel moment l’action est censée se situer.

Pour conclure

J’espère que cet article ne vous a pas causé de migraine ! Cela dit, pour améliorer son style, il faut en passer par la grammaire avant tout, c’est l’outil de base de tout écrivain. C’est comme les gammes des pianistes, les croquis des peintres, les pompes des sportifs ! Ce n’est qu’une fois la grammaire maîtrisée que l’on peut ajouter des détails. Ce sera le sujet d’un autre article, peut-être même de plusieurs.

En attendant, si vous avez besoin d’aide pour relire un texte et améliorer votre style, vous pouvez bien sûr faire appel à mes services.

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